Candidose digestive

Parmi les micro-organismes que notre flore intestinale abrite, on peut retrouver du candida albicans. Il s’agit d’une levure, microscopique champignon, qui généralement fait partie de la flore de transit, celle qui ne se fixe pas sur la muqueuse intestinale.

Dans certaines conditions, le candida albicans se développe en très grand nombre et colonise véritablement l’intestin. Généralement, il s’installe au niveau du colon ascendant, là où se trouve la flore de fermentation qui finit de digérer les hydrates de cabones, mais souvent ils colonisent d’autres parties du tube digestif. Il peut notamment s’installer jusqu’à l’anus, créant des démangeaions intenses, il peut contaminer la flore vaginale, créant des mycoses vaginales à répétitions. Il peut également partir dans l’autre direction et remonter dans l’intestin grêle en créant toutes sortes de douleurs, voire s’installer au niveau ORL en créant un déséquilibre de la flore buccale. Une fois installé, il est difficile à déloger !

Les candidoses chroniques sont relativement récentes dans l’histoire de l’humanité. Jusqu’aux années 1950, elles touchaient essentiellement les personnes immunodéprimées, commes les bébés avec le muguet buccal et les mycoses du siège ou les personnes gravement malades ou en fin de vie. Dans les années 1980, les personnes atteintes du SIDA ont également manifesté des mycoses chroniques importantes.

Les causes de ces candidoses sont multifactorielles, ce qui explique les difficultés rencontrées par certains pour s’en débarrasser. Les principales sont les excès de sucres et de céréales raffinées dans l’alimentation, l’usage intensif d’antibiotiques pour les humains et les animaux ces 50 dernières années, ainsi que tous les facteurs de baisse immunitaire comme l’excès de stress, certaines vaccinations et les carences en micronutriments liées à l’alimentation moderne carencée et dénaturée.

Toutefois, il n’existe pas une candidose, mais de multiples candidoses en fonction du terrain et de l’état de santé de la personne. Il faut donc se méfier des solutions miracles et autres produits révolutionnaires prétendant guérir en quelques semaines un problème infectieux, digestif et immunitaire aussi complexe et important. Pour certaines presonnes, quelques réformes alimentaires et un peu de probiotiques suffiront. Pour d’autres, ce sera un chemin beaucoup plus long pour assainir le terrain, remonter l’immunité, rééquilibrer la sphère hormonale, voire le système nerveux.

Au niveau alimentaire, la pluplart des régimes anti-candidoses proposés sont des régimes d’exclusion. La liste des aliments interdits est longue et la frustration source d’écarts alimentaires et de compulsions. En travaillant l’alimentation en terme d’équilibre entre les aliments, en changeant les proportions entre hydrates de carbone et protéines, il est tout à fait possible d’obtenir les mêmes résultats thérapeutiques, voire mieux car on ne crée pas un stress supplémentaire. Modifier son alimentation pour corriger une candidose intestinale chronique ne veut pas dire qu’on ne peut plus manger de chocolat ou jamais de dessert. Tout est question d’équilibre !

Avant d’entreprendre un traitement ou un régime alimentaire, il est important de confirmer le diagnostic de candidose. Des analyses d’urine et/ou un examen de sang vivant au microscope à fond noir permettent de se faire une idée précise du type de candidose, de la nature du terrain et du chemin à prendre pour retrouver la santé et l’équilibre de sa flore intestinale.